Il y a quelque chose de spécial à Roquebrune Cap Martin. On le ressent en marchant dans la rue. Et même en conduisant sur les routes sinueuses des montagnes. Cela a une sorte de classe indéfinissable, sans boutiques de créateurs ni galeries branchées. C’est un sentiment aristocratique ; que vous êtes dans un endroit réellement très exclusif. Un sentiment d’un passé lointain qui procure encore cette classe apaisante. Lorsque nous plongeons dans l’histoire de Roquebrune Cap Martin, nous rencontrons une célèbre entrepreneuse française : Coco Chanel.
À la fin des années 1920, Gabrielle « Coco » Chanel, la créatrice de mode française audacieuse, cherchait un refuge loin de l’agitation de Paris. À 45 ans, déjà réputée pour ses créations audacieuses, Chanel acheta en 1928 un terrain de cinq acres à Roquebrune-Cap-Martin, un village pittoresque de la Côte d’Azur. Ce havre, baptisé La Pausa, devint son sanctuaire estival de 1929 à 1953, un chapitre de 24 ans où elle mêla détente, inspiration et la croissance de son empire de la mode.
Roquebrune-Cap-Martin, perché au-dessus de la Méditerranée entre Menton et Monte-Carlo, enchanta Chanel par son charme brut. Les oliveraies, les champs de lavande et la mer scintillante offraient un contraste saisissant avec l’agitation de Paris. « La Côte d’Azur est un aimant pour les artistes, » confia-t-elle à la biographe Justine Picardie dans une interview des années 1930, comme noté dans Coco Chanel : The Legend and the Life. « La lumière de Roquebrune, le calme, les collines anciennes – c’est là que je peux respirer et rêver. » Elle adorait la simplicité du village, se promenant sur ses sentiers escarpés en pantalons révolutionnaires, une vision audacieuse qui faisait tourner les têtes parmi les locaux habitués aux normes de mode rigides.
Coco Chanel à Roquebrune Cap Martin : Un sanctuaire pour Paris
À La Pausa, les journées de Chanel commençaient tard, une habitude de Paris. Une thermos de café l’attendait devant sa porte, une courtoisie étendue aux invités. « Je voulais une maison où l’on puisse vivre simplement, » confia-t-elle à Bettina Wilson de Vogue dans les années 1930, selon La Pausa : The Ideal Mediterranean Villa of Gabrielle Chanel. Le déjeuner, servi en buffet avec de l’argenterie antique venue d’Angleterre, précédait les sorties – de petites voitures emmenaient les amis à la mer ou à Menton pour faire du shopping. Sa villa bourdonnait de créativité : Salvador Dalí et Gala y séjournèrent quatre mois en 1938, esquissant pour son ballet Bacchanale de 1939 avec Léonide Massine. Pierre Reverdy, Luchino Visconti et d’autres signèrent une liste d’invités en avril 1938, marquant La Pausa comme un centre pour les artistes.
Le paysage de Roquebrune-Cap-Martin nourrissait sa vision. Elle planta 20 oliviers d’Antibes, leurs feuilles vert argenté et le bleu lavande des jardins façonnant ses palettes naturelles et discrètes. « Dans le jardin, sous les oliviers centenaires, régnait une seule couleur – le bleu lavande, » dit-elle, comme l’a rappelé l’architecte Robert Streitz dans un mémoire des années 1930. Elle s’agenouillait dans la boue pour vérifier les fondations de La Pausa, riant de la saleté, nota un ouvrier local : « Elle était toujours très joyeuse quand elle venait. » Cette simplicité reflétait ses créations – élégantes mais sans chichis.
Construire un empire
Depuis Roquebrune-Cap-Martin, Chanel bâtit inlassablement son empire. Elle voyageait avec Le Train Bleu de Paris à Monaco, parfois hebdomadairement, supervisant la construction de La Pausa, achevée en janvier 1930. Son œil exigeant – envoyant un ouvrier à Paris pour assortir la teinte de la façade – reflétait sa précision en affaires. En 1931, ses ateliers parisiens employaient 2 400 personnes dans 26 ateliers, confectionnant 400 pièces pour deux défilés annuels. Les costumes en jersey, les petites robes noires et Chanel N° 5, lancé en 1921, s’envolaient alors que les femmes adoptaient son chic pratique. Ses « pyjamas de plage », repérés à Juan-les-Pins en 1918, devinrent un incontournable de Vogue en 1931. « Ma fortune repose sur ce vieux jersey que j’enfilais parce qu’il faisait froid à Deauville, » plaisanta-t-elle, selon Chanel and Her World d’Edmonde Charles-Roux.
Son amant, Hugh Grosvenor, le 2e duc de Westminster, finança La Pausa, dont le design rappelait l’abbaye d’Aubazine de sa jeunesse, avec des cloîtres et des escaliers en pierre. Ce lien avec son passé, où des nonnes lui apprirent à coudre, alimenta son ambition. Elle intégra des tweeds britanniques du monde de Grosvenor dans ses collections, les associant à des perles, une signature des années 1920. Malgré le krach de Wall Street de 1929 et le mariage de Grosvenor avec une autre en 1930, Chanel persévéra. « Le travail a toujours été une sorte de drogue pour moi, » admit-elle dans une biographie des années 1950. Le calme de Roquebrune-Cap-Martin lui permit d’innover, mêlant confort et luxe.
Pendant 24 ans, La Pausa et Roquebrune-Cap-Martin nourrirent l’esprit de Chanel. Elle vendit la villa en 1953 après la mort de Grosvenor à Emery Reves, qui y accueillit Winston Churchill et Greta Garbo. En 2016, la maison Chanel la racheta, honorant son héritage. « La Pausa était entièrement sa création, » écrit Picardie, un témoignage de la manière dont Chanel, depuis ce refuge de la Riviera, a redéfini la mode, mêlant la sérénité de Roquebrune-Cap-Martin à l’audace de sa vision.
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